Le samedi 8 juin 2025, à Port-Bouët, dans le cadre de sa tournée ‘’Côcôcô’’, le président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a dénoncé son absence de la liste électorale définitive publiée par la Commission électorale indépendante (Cei), le mercredi 4 juin 2025. « Et ceux qui ont fait la liste savent que je ne suis pas un voleur. Ici, en Côte d’Ivoire, parmi tous ceux qui font de la politique, moi Gbagbo, personne ne peut me traiter de voleur. Je considère que cela est une insulte à ma personne. C’est une insulte à ma famille. Attention. Vous êtes en train d’aller trop loin ! Trop, c’est trop ! Trop, c’est trop ! On m’appelle Gbagbo Laurent. Vous êtes en train d’aller trop loin. Attention ! On peut se tromper mais il ne faut pas aller trop loin. Et des gens que j’ai ramenés à la vie qui veulent me jeter au royaume de la mort. Est-ce que ça, c’est normal ? ».
Devant plusieurs centaines de militants et sympathisants de son parti et de celui du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda), massés au Terrain de petit Bassam à Vridi, Laurent Gbagbo a vu dans cette radiation de la liste et son inéligibilité à la présidentielle d’octobre prochain, une ultime « provocation ». « Si c’est moi qu’il cherche, il faut leur dire qu’ils m’ont trouvé. Quand ils me cherchent, ils m’ont trouvé. Depuis, je suis là, je ne dis rien, je ne fais rien, je fais mes petits meetings ici, mes meetings là, et ils ont dit : « Mais lui là, il est trop tranquille, on va aller le chercher ». Bon, ils m’ont cherché, dites-leur qu’ils m’ont trouvé », s’est-il montré menaçant.
Mieux, le président du Ppa-Ci a assuré de son engagement à laver son honneur : « Aujourd’hui, j’ai 80 ans. Et je me bats depuis que j’ai 18 ans, et on ne m’a pas encore vaincu. Si je suis debout, c’est que je sais me battre. Je sais recevoir les coups mais je sais en donner. Mais je sais surtout quand il faut donner les coups. On ne donne pas les coups n’importe quand, ni n’importe comment. Ils veulent qu’on se batte, on va se battre. Je vais me battre pour mon honneur. Et je vais me battre pour la Côte d’Ivoire. C’est eux qui ont déjà donné leur coup sur mon visage. Maintenant, ils cherchent où il va donner son coup. Ça, ça me regarde »
Il a demandé aux populations venues l’écouter a ce meeting et particulièrement aux jeunes, d’être mobilisés à l’accompagner dans ce combat qu’il entend mener. « Ils veulent qu’on se batte. Mais qu’ils sachent qu’on se battra. Alors, les jeunes, vous criez, on veut un mot d’ordre, on veut un mot d’ordre. Ce n’est pas comme ça qu’on se bat. Ils croient qu’on a peur mais à un moment, il faudra qu’on envahisse toutes les rues d’Abidjan. Mais il faut le faire pour que ça soit efficace. C’est pourquoi on attend. Sinon, on a peur de quoi ? On ne peut pas laisser ça comme ça . Mais non. Ça ne peut pas se passer comme ça. Alors, tu me trouves en Côte d’Ivoire et tu veux me piétiner en Côte d’Ivoire, moi. Ça ne peut pas être comme ça ».
Pour Laurent Gbagbo, si sa candidature et celles d’autres leaders dont Tidjane Thiam du Pdci-Rda ne peuvent être invalidées par leur radiation de la liste électorale, une candidature du chef de l’Etat actuel Alassane Ouattara à l’échéance électorale d’octobre prochain ne pourra pas être acceptée non plus. « Il faut qu’ils se souviennent que c’est eux qui sont inéligibles, en restant strictement sur la lecture de la Constitution. Elle dit qu’un citoyen ne peut faire que deux mandats. Tu veux faire ton quatrième mandat ? Est-ce que c’est vrai ça, ou bien est-ce que j’ai mal entendu ? Trois, ce n’est pas un peu trop là ?. Je suis venu vous dire que celui qui est candidat pour un quatrième mandat, il n’est pas candidat. Et oui, celui qui est candidat pour un quatrième mandat, il n’a qu’à savoir que nous ferons tout pour qu’il ne soit pas candidat », a prévenu l’ancien président de la République.