‘’Non à la violence, oui à la liberté et sécurité des femmes’’, ‘’Stop aux règlements à l’amiable’’, ‘’Les violences faites aux femmes sont inacceptables’’. Ce sont en partie, les messages que les femmes véhiculaient pour dire non aux féminicides et aux violences faites aux femmes, le samedi 1er mars 2025, lors de la marche de sensibilisation qui s’est tenue du carrefour Samaké d’Abobo, à l’esplanade de la mairie de cette commune.
« Les violences basées sur le genre ne sont pas de simples faits divers. Ce sont des drames humains, des vies brisées, des rêves anéantis. Chaque femme victime est une perte pour notre société, chaque féminicide est une blessure pour notre humanité. Votre présence ici aujourd’hui témoigne de notre engagement collectif à dire non à ces violences. Elle porte un message d’espoir : l’espoir que cette spirale de violence qui détruit des vies et bafoue la dignité des femmes peut et doit être vaincue. À l’échelle mondiale, 35% des femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie, et dans 75% des cas, ces violences sont commises par un partenaire intime. En Côte d’Ivoire, 1 femme sur 3 a été victime de violences basées sur le genre. En 2023, ce sont 8 862 cas de violences signalés et pris en charge par nos services, dont plus de 500 cas graves, notamment des féminicides. Ces statistiques ne sont pas de simples données. Ce sont des vies brisées, des rêves anéantis, des mères qui pleurent, des filles qui souffrent en silence, des sœurs privées de leur avenir », a indiqué la ministre de la Femme, de la famille et de l’enfant, Nassénéba Touré.
Face à la recrudescence des cas signalés ces dernières semaines, notamment les faits d’Abobo, la ministre a invité à faire de cette marche une action concrète. « Aujourd’hui, nous marchons pour dire Stop. Stop à l’impunité. Stop à la banalisation des violences. Stop aux Vbg. Mais cette marche ne doit pas être qu’un événement. Elle doit marquer le début d’un mouvement collectif, d’un engagement renouvelé. Face à cette violence qui piétine la dignité humaine, le silence n’est plus une option. Face à ces actes odieux qui brisent des vies, les règlements à l’amiable ne sont pas une solution. Quand bien même le bourreau est un conjoint, un compagnon ou un proche, nous devons avoir le courage de le dénoncer. Chacun d’entre nous a un rôle à jouer : dans nos foyers, nos communautés, nos lieux de travail. Ensemble, nous devons promouvoir une culture de respect, une masculinité positive, une Côte d’Ivoire où plus jamais une femme ne sera victime de violence. Tant qu’une seule femme souffre, c’est toute l’humanité qui saigne. Tant qu’une seule femme est en danger, c’est toute la société qui vacille. Tant que les femmes et les filles seront menacées, nous ne baisserons pas les bras. Nous traquerons sans relâche les bourreaux qui n’ont d’autres moyens que la violence pour exister. Nous continuerons à nous battre pour que justice soit rendue, pour que chaque femme vive dans la dignité, la sécurité et la liberté. Car c’est ainsi que nous construirons une société plus forte, plus juste et plus humaine. Unissons nos forces. Ensemble, faisons de la tolérance zéro une réalité », a-t-elle fait savoir.
À toutes les victimes, Nasseneba Touré leur a traduit son soutien et celui de l’Etat.
Pour sa part, la maire d’Abobo, présidente du Sénat, Kandia Kamissoko Camara, a assuré de l’engagement du Parlement à renforcer la protection des victimes et à appuyer la lutte. « Toutes les lois qui nous parviendront en faveur des femmes, des hommes et des enfants seront votées à l’unanimité. Trop, c’est trop ! Nous ferons une déclaration pour soutenir le gouvernement dans cette lutte », a-t-elle indiqué, invitant les femmes à la solidarité et à inculquer de bonnes valeurs à leurs enfants.
A l’issue de la marche, une motion de soutien aux victimes a été lue par Danitza Tonga, appelant à une tolérance zéro et à une masculinité positive dans la lutte contre les Violences basées sur le genre (Vbg).