L’hôtel Gohou, situé à Cocody Angré Château, a abrité ce mercredi 6 mail 2026, la cérémonie officielle de lancement de DSANTE, une plateforme innovante de télémédecine destinée à améliorer l’accès aux soins de santé en Côte d’Ivoire et en Afrique.
À cette occasion, plusieurs experts du secteur médical et du numérique ont pris la parole pour souligner les enjeux et opportunités liés à la santé digitale.
Lors de son intervention, Dr Gaston Gohou, directeur général de DSANTE, a présenté la plateforme et son fonctionnement.
« DSANTE est une plateforme de téléconsultation et d’interaction médicale à distance. Les actes et décisions cliniques relèvent exclusivement des professionnels de santé, inscrits à l’ordre des médecins », a-t-il signifié.
Poursuivant, il a expliqué que DSANTE permet aux patients d’obtenir rapidement un premier avis médical à distance, de prendre rendez-vous avec des professionnels de santé et de recevoir des ordonnances en ligne. Conçue pour répondre aux défis d’accès, de délais et de prise en charge, la plateforme se veut simple d’utilisation et centrée sur le patient. Il a précisé que DSANTE ne remplace pas les urgences médicales, mais constitue une solution efficace pour les consultations non urgentes.
« Le lancement public officiel de la plateforme DSANTE est prévu pour le 8 juin 2026. D’ici là, l’accès se fera sur invitation. À travers cette initiative, DSANTE ambitionne de contribuer à la transformation des systèmes de santé africains en les rendant plus accessibles, connectés et efficaces. En 2027, le lancement se fera dans les pays de l’Uemoa », a-t-il confié.

Prenant la parole, le Professeur Bohoussou Paul-Eric, gynécologue au Chu de Treichville, a mis en avant les nombreux avantages de la télémédecine, notamment en matière d’accessibilité géographique, de rapidité de prise de rendez-vous et de suivi des patients atteints de maladies chroniques. Il a toutefois rappelé que cette innovation ne saurait remplacer l’examen physique, mais constitue un complément essentiel au système de santé. Il a également insisté sur les enjeux de confidentialité et de cadre médico-légal.
Intervenant en visioconférence, le ministre rwandais Jean Philbert N’sakimana a salué une initiative structurante pour le continent africain. Il a souligné que les principaux défis en matière de santé ne résident pas dans le manque d’expertise, mais dans l’accès aux soins. Il a présenté la télémédecine comme une solution reposant sur trois piliers : la réduction des distances, la diminution des délais et l’amélioration de la prise de décision médicale. Il a également insisté sur l’importance de la confiance, notamment en matière de protection des données, de cybersécurité et de gouvernance des plateformes numériques.

De son côté, le Dr Marie Michelle Louhes, pharmacienne, a évoqué, en visioconférence, les implications de la digitalisation des ordonnances dans la pratique officinale. Elle a rappelé l’existence d’un cadre réglementaire encadrant la dispensation des médicaments et mis en lumière les avantages des e-ordonnances, tout en alertant sur les risques de fraude et la nécessité d’une meilleure traçabilité.