Mali: La junte militaire compte rester trois ans au pouvoir

La junte militaire qui a renversé le président malien veut reporter de trois ans de nouvelles élections, a déclaré lundi l’un des responsables, alors que la communauté internationale insistait pour un retour immédiat au régime civil.

Les putschistes veulent préparer une nouvelle constitution avant de tenir tout vote, a déclaré un responsable lors des pourparlers qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat car ils n’étaient pas autorisés à parler aux journalistes.

La proposition de la junte sera probablement rejetée par les médiateurs régionaux ouest-africains car celles-ci est plus du double du temps qu’il a fallu pour tenir un vote après un coup d’État similaire en 2012, et permettrait aux soldats qui ont renversé un président démocratiquement élu de rester en puissance pendant des années.

Une équipe de médiation des 15 pays de la CEDEAO a fait pression sur la junte pour qu’elle cède le pouvoir à un gouvernement civil de transition. Au départ, ils ont demandé que le président déchu Ibrahim Boubacar Keita soit réinstallé à la présidence, mais cette perspective est devenue improbable au milieu d’une vague de soutien public au Mali pour le coup d’état.

Le responsable participant aux pourparlers a indiqué qu’il y avait eu un certain mouvement pour libérer Keita, qui était détenu avec le Premier ministre du Mali depuis le coup d’État il y a une semaine. L’une des options est de lui permettre de rester dans sa résidence de Bamako sous surveillance plutôt que dans la caserne militaire de Kati, a-t-il déclaré.

Les pays africains et la communauté internationale dans son ensemble ont exprimé leur inquiétude face au coup d’État, qui a destitué Keita trois ans avant la fin de son dernier mandat. Le Mali lutte contre les extrémistes islamiques avec un fort soutien international depuis plus de sept ans, et les djihadistes ont déjà commencé à mener des actions pour étendre leur territoire.

Pour rappel quelques heures après que Keita a été détenu à son domicile la semaine dernière, il a annoncé sa démission sur la chaîne de télévision publique ORTM, affirmant qu’il ne voulait pas que du sang soit versé pour qu’il reste au pouvoir.

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