Célébration de la Semaine du Kroubi: La commune de Treichville au rytme d’une tradition ancestrale

La commune de Treichville a vibré, le dimanche 5 avril 2026, au rythme des traditions culturelles à l’occasion de la célébration 2026 de la Semaine du Kroubi. Placée sous le parrainage de Tazieff Ouattara, chargé de mission de la Première dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara et fils de Bondoukou, cette édition marque une étape importante dans la promotion de cette tradition séculaire en milieu urbain.

Cette 1ère édition organisée à Treichville s’est déroulée à l’avenue 25 rue 44.  Pour l’occasion, les jeunes filles originaires de la cité aux mille mosquées sont venues en grand nombre de tous les quartiers de la commune, témoignant de l’engouement autour de cette fête culturelle emblématique. Dans une ambiance festive, elles ont célébré le Kroubi à travers danses, chants et parures traditionnelles, perpétuant ainsi un héritage culturel profondément enraciné.

Prenant la parole, le parrain de la cérémonie, Tazieff Ouattara, a souligné la portée symbolique de cet événement : « L’objectif principal de cet événement est la valorisation de notre culture. Le Kroubi fait partie de notre patrimoine à Bondoukou. C’est une fête de réjouissance qui, à l’origine, préparait les jeunes filles à leur entrée dans la vie active, en prélude à leur mariage », a-t-il expliqué.

Il a également mis en avant la nécessité de préserver cette tradition face aux mutations sociales : « Aujourd’hui, nous avons la lourde responsabilité de tout mettre en œuvre afin qu’elle se perpétue. C’est dans ce cadre que nous avons décidé de l’organiser aussi bien à Bondoukou qu’à Abidjan. »

Revenant sur la délocalisation de l’événement dans la capitale économique, il a précisé que cette initiative permet aux ressortissants de Bondoukou vivant à Abidjan de vivre pleinement cette fête, même en étant éloignés de leur localité d’origine. Après des éditions précédentes à Koumassi, le choix de Treichville s’inscrit dans une dynamique de rotation et de rapprochement des communautés.

Placée sous le signe des retrouvailles entre les ressortissants de Bondoukou et ceux d’Abidjan, cette édition 2026 se veut également un symbole d’unité et de cohésion sociale. « Nous comptons apporter notre soutien à nos sœurs afin que cette fête soit vulgarisée et célébrée de façon annuelle », a conclu le parrain.

De son côté, El Hadj Ouattara Issouf, président de l’Ong « la semaine du Kroubi », a rappelé l’historique et l’importance de ce festival : « La Semaine du Kroubi est un festival organisé à Bondoukou en apothéose de toutes les célébrations que nous menons à l’intérieur et à travers le pays. Cela fait bientôt dix ans que nous l’organisons », a-t-il indiqué.

Il a salué la tenue de cette première édition à Treichville, rendue possible grâce au parrainage de Tazieff Ouattara, tout en exprimant l’espoir de voir cette initiative s’inscrire dans la durée. « Hier, nous étions à Marcory et à Koumassi. Aujourd’hui, nous sommes à Treichville, et nous espérons pérenniser cette célébration dans les années à venir », a-t-il ajouté.

Le Kroubi, également appelé Kouroubi, est une danse traditionnelle de réjouissance et un rite de passage pratiqué principalement par les peuples malinkés du nord et du nord-est de la Côte d’Ivoire, notamment à Bondoukou, Kong et Korhogo. Célébrée généralement à la fin du mois de Ramadan, notamment lors de la Nuit du Destin, cette danse met en scène de jeunes filles vêtues de leurs plus beaux atours, évoluant sur des estrades en bois.

Symbole de pureté, de maturité et de transition vers la vie adulte, le Kroubi constitue également une vitrine culturelle et touristique majeure pour ces régions. Malgré les défis liés à la modernité, cette tradition continue de susciter fierté et attachement, comme en témoigne la forte mobilisation observée à Treichville.

À travers cette célébration, les organisateurs entendent non seulement préserver un patrimoine culturel précieux, mais aussi le transmettre aux générations futures, dans un esprit de partage, d’unité et de valorisation des identités ivoiriennes.

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